
Pourquoi préfacer ?
Pour que j’écrive une préface, un truc vient me chercher lors de la lecture du manuscrit; une anomalie je dirais presque ! Une lecture non ordinaire qui fait que cela vaut le détour. Pour que vous fassiez vous mêmes le détour…
Il faut un ingrédient qui ne me laisse pas indifférente et qui me fait dire: il faut des lecteurs et des lectrices à ce livre.
Vient mon goût de la lecture et être capable de se mettre en position « Que puis-je ajouter qui fasse sens à cette écriture déjà finalisée, complète ? «
Et un retour sur soi-même: Est-ce que ce livre auquel je vais être associée, fortifie mes propres valeurs ? Suis-je d’accord de cautionner les thèmes abordés, de pouvoir en parler à mon tour ? Une préfacière a une responsabilité.
Enfin – et ce n’est pas la plus mince des questions – : est-ce que des mots spontanés qui me ressemblent, se font entendre parallèlement à la lecture ? Je n’écris pas toute la préface à la FIN de la lecture, mais PENDANT; quand cela fait « tilt » quand une phrase me percute, lorsque le portrait d’un personnage me touche… Seulement APRÈS vient la mise en forme qui vous donne envie…
La vierge noire

Vous avez entre les mains un roman d’aventures. L’histoire d’une femme incroyablement passionnée partant à la recherche de ses origines. La vie d’Alessandra Belloni est un roman. Artiste et percussionniste mondialement reconnue, danseuse, chorégraphe, elle a créé son propre modèle de tambourin et enseigne dans le monde entier. Comme thérapeute, elle s’est mise à la disposition des femmes, en particulier de celles ayant subi des traumatismes sexuels. Par son expérience de plus de quarante ans des transes de l’Italie du Sud, elle leur permet de transcender leurs souffrances : une forme de guérison chamanique européenne, connue depuis le Moyen-Age à travers la transe musicale de la Tarentelle.
Un véritable trésor pour nous lecteurs ; c’est toute une Italie populaire qui bat dans la pulsation de ses mots, un Sud palpitant aux accents des bacchanales antiques. Mais, il ne s’agit que d’un niveau de lecture ; ce livre va bien plus loin encore, puisqu’il nous emporte vers le religieux et pas n’importe lequel ; surement l’un des aspects les plus méconnus et mal compris de la chrétienté : la connaissance vivante de la Vierge noire. Cachées, souterraines, reines des ombres que l’on met en lumière dans des processions annuelles d’une intensité peu commune, les vierges noires se dévoilent dans leur multiplicité, leurs pouvoirs, leurs liens aux Déesses antiques. Alessandra Belloni, par son parcours unique, sa sensibilité, son authenticité, recrée un tissage d’humanité dans une société par trop dissonante.
La vierge noire, Alessandra Belloni Ed. Leduc en traduction française (2021)
Healing journeys with the black madonna Alessandra Belloni (2019)
La maîtresse du désir

Il y a de nombreuses années, j’avais sur ma table de chevet, la PETITE VOIX d’Eileen Caddy. J’en lisais des extraits chaque soir, comme une forme de guidance pour mes rêves et pour mon quotidien par trop dissipé.
Lorsque j’ai eu entre les mains LA MAITRESSE DU DÉSIR, j’ai ressenti ce même appel : celui des profondeurs. Un livre qui ne se lit pas, mais qui se sent, transperce nos représentations pour nous offrir un « autrement Soi ». Et cet autre, c’est nous et un lien profond à notre féminité. Ce livre est court, d’une sensibilité percutante et j’ai déjà envie de l’envoyer à toutes mes amies.
Ce livre est une pure merveille, un cadeau pour l’âme féminine. La Maîtresse du Désir vous accompagnera quotidiennement pour faire de votre vie une ode au plaisir, à la dévotion, à la gratitude. Ouvrez ce livre comme on déguste une vérité délicieuse et revenez-y le plus souvent que vous pourrez. Chacun de vos instants en sera transformé; la réceptivité, l’abandon amoureux, la force de la douceur sont – enfin – la voie d’une spiritualité féminine accomplie.
La maîtresse du désir, Wendy Havlir Cherry, traduction Zoé Genet-Berthoud (2021) LIEN
Fais ta valise et assieds-toi

Voilà une mère et une fille qui tracent leurs destins de femmes en deux lignes parallèles, inconciliables en apparence. C’est ce à quoi nous nous attendons au début de ce roman. C’est là que le mystère de la vie fait son œuvre. La vie n’invite pas forcément à la réconciliation. D’ailleurs elle n’invite pas toujours, elle force ! Dans celle de notre héroïne, sa vie tire le frein d’urgence ! La stupeur qu’impose la mort. La mort qui désoriente le cours du destin. La mort qui bloque de manière définitive les promesses d’évasion ou les routines rassurantes, bref ce que nous nommons l’avenir.
Marianne Billot nous entraine hors de la réassurance du monde et des aprioris dénués d’humanité. Sa lecture nous faire rencontrer un autre univers que nous savons parallèle au nôtre, au sein de nos sociétés occidentales, polies, névrosées et oublieuses d’une nécessaire solidarité. Oui, autour de nous vivent des voisins, des femmes et des hommes qui retrouvent un esprit de clan auprès de la Mère nature. La nature qui, par ses rythmes, ses cycles, sa puissance évocatrice, sa force résiliente, fait se rassembler les nouveaux en-semenceurs d’avenir que notre héroïne découvre dans un souffle de vie retrouvé.
Fais ta valise et assieds-toi, Marianne Billot. Auto-édition (2024) LIEN
L’oracle du désir

Attention : Risque d’incandescence ! Les illustrations de cet oracle sont percutantes, à la mesure de la connexion à retrouver avec notre corps, avec notre être profond « qui sait », qui veut, qui nous anime, nous attire et nous soutient. Les propositions font l’amour avec l’image, instillant le désir comme un baume, un hommage rendu à la vie, chacune é-mouvantes. La puissance du désir est présente à chaque tirage. Un complément à la lecture de la Maitresse du Désir, un texte incontournable de spiritualité féminine.
L’oracle du Désir, Zoé Genet-Berthoud Auto-édition (2025) LIEN
Le souffle sacré des tout-petits

Je mesure le parcours qu’il nous a fallu entreprendre depuis 50 ans pour nous rapprocher « humainement » de nos petits ; depuis la parution de « Quand l’enfant parait » de Françoise Dolto, « le bébé est une personne » de Martino, l’expertise de l’Haptonomie de Catherine Dolto pour le suivi des grossesses, le bébé n’est plus cet étranger, certes désiré, aimé ; il est devenu un être de conscience.
En découvrant les situations si touchantes de bébés et de leurs familles, ce n’est pas qu’un miroir qui nous est tendu pour modifier nos croyances limitées sur la vie et la mort, mais une vague immense d’amour qui nous saisit : l’amour qui traverse la vie, toute vie, dans une continuité à redécouvrir.
À un moment de notre biographie, nous sommes dans le creux de cette vague, oublieux, oubliés : avortements, déficiences annoncées, bébés mort-nés, croissance ralentie, troubles relationnels, alimentaires. Nos enfants nous parlent par leurs corps et nous ne savons pas comment les écouter et surtout comme traduire leurs maux. Les situations sont variées, complexes et touchent par leur universalité, même s’il s’agit, toujours de bébés uniques par leur destinée. Loin de nous l’idée de vouloir généraliser, de vouloir en déduire des recettes toutes faites. A la fin du livre, Candice Braas nous propose des pistes pour débuter ce chemin de compassion et d’ouverture du cœur ; un réel parcours de transformation, de subtilisation de nos énergies.
Candice Braas, Le Souffle sacré des tout-petits Ed. Souffle D’or (2025) LIEN
Les fissures dorées

Se donner vie soi-même est le parcours de l’autrice, Bettina Kreissl Lonfat, un parcours qui fait résonance avec le mien, comme elle l’explique à la fin de l’ouvrage. Naître à soi-même a ses propres étapes d’enfantement :
Lutter dans l’espoir d’un attachement primaire qui est déjà révolu. Vivre avec des parties de soi qui se sont disloquées faute d’avoir reçu, cette « colle d’amour » qui forme un être. Se reconnaitre comme l’être orphelin d’une mère perdue en elle, d’un père perdu dans les autres, d’une sœur brusquée par cette arrivée inattendue.
Ne pas être désiré.e, reste une blessure à vie, sauf si l’or de l’existence vient nous toucher, comme le vit finalement l’autrice, réparant ainsi la fêlure existentielle pour créer un trésor d’expériences. Le livre nous fait suivre les traces de cette réparation qui n’est d’abord qu’une survie dans un monde inconnu, le nôtre. »
Les fissures dorées Bettina Kreissl Lonfat Ed. Wild Soul Words (2025) LIEN
Contribution sororale à L’âme est un fleuve
En écrivant sur la spiritualité contemporaines, instinctive, l’auteure Stéphanie Lafranque ne pouvait qu’imaginer inclure des femmes ancrées dans leurs pratiques respectives, souvent innovantes et particulières. C’est dans cette intention qu’elle m’a contactée. Voici un court extrait de ce que je partage au sein de son ouvrage:

Te sens-tu particulièrement relié à un archétype spirituel ou à une voie ? Comment l’exprimes-tu ?
« Ma quête de sens m’a amené à m’intéresser depuis mon adolescence à divers mouvements religieux. Après un accident de voiture qui m’a projetée dans une dimension au-delà du physique et que nous ne nommions pas encore un NDE, j’ai fait l’expérience d’une conscience non ordinaire. Cette espace-temps que je nomme le retour à l’Évidence, m’a été présenté lors d’une sortie de corps. De l’autre côté, il n’y a plus de questions, plus de dualité : C’est. La perfection, la justesse, l’évidence : l’union, l’unité et bien sûr l’amour, j’y reviendrai. Cette expérience m’a radicalement changée.
Dans cette recherche de la spiritualité de l’Évidence, la nature s’est peu à peu imposée à moi, comme le seul temple accessible à tous et toutes et dont chacun pouvait faire l’expérience. De plus, très vite confrontée à des êtres en difficultés, en vulnérabilités, j’ai adhéré à une position humaniste, inclusive. Je privilégie le ET plutôt que le OU. C’est une voie spirituelle qui, je me rends compte, pourrait être perçue comme féminine, car portant des valeurs comme le prendre soin, la richesse et la valorisation de la diversité, le maternage, le réconfort.
Pourtant la nature, en tant que Terre-Mère n’est pas qu’abondance et amour inconditionnel ; elle est sauvage, instinctive par définition. C’est là où, sur mon parcours de connaissance, je découvre le chamanisme. Le chamanisme est une voie spirituelle très cash ; elle n’arrondit pas les angles ! Et cela a équilibré en moi, le développement d’une intériorité ajustée entre une réceptivité aimante, très maternante et un engagement sans compromis. Le chamanisme c’est comme un parent aimant qui gifle un gamin criseux pleurant sans cesse sur son jouet perdu en lui disant « Reprends tes esprits ;), tu es la fougère et le chêne, le loup et la fourmi, le vent dans les arbres, la source qui jaillit, l’étincelle et la braise… Tu as tout en toi. Tu es tout. Va, prie et deviens ! Va – engage toi dans ta vie, dans ce monde incarné, prie – rappelle-toi sans cesse tes origines, deviens – qui tu es, la meilleure version de toi-même, en respectant toute tes relations. «
L’âme est un fleuve Stéphanie Lafranque Tana Editions (2025) LIEN
Nos rencontres, toujours « en vrai »…
