Notre relation aux autres, aux informations, a changé en quelques mois. Avec la présence de l’IA sur tous nos médias, nous avons dépassé les fausses informations pour entrer dans l’ère où le réel n’est plus fiable. Ne plus avoir de repères crédibles, ne plus comprendre ce qui se passe où la vitesse des changements est telle que notre propre rythme humain n’est plus compatible ; tout ceci crée une insécurité à l’échelle planétaire. Et si c’était un tremplin vers d’autres relations véritables ?

Apprendre à vivre
Penser sa vie prend du temps. Comprendre le monde comme vous l’aviez fait, enfant puis adolescent, prend des années. De découvertes en découvertes, d’explications en explications, puis d’expériences vécues en expériences vécues, vous cernez votre environnement, prenez vos repères, définissez votre territoire intérieur (psychique) et extérieur (compétences, relations, limites) ainsi que la valorisation et le respect qu’ils nécessitent. C’est ainsi que l’humain fonde son identité. C’est par ce biais, également, que nous évoluons ; que nous faisons des choix pour transformer notre réalité en une autre, plus satisfaisante et bienveillante. Ou que nous choisissons de trier ce qui nous est toxique et plus nécessaire pour poursuivre notre chemin de vie. Ajouter ou soustraire, nécessite une base, une référence.
Un terrible constat en devenir
Force est de constater que ces références nous échappent, que les normes nous parviennent de l’extérieur sans possibilité de vérification. Le vrai, le réel est en passe de disparaitre pour une civilisation normative, non-pensante. Une population qui n’a plus le temps et perd ses capacités de lire – en particulier. Les zones du cerveau plus activées se rétractent, notre niveau de compréhension va diminuer, une paresse intellectuelle va s’installer. Rien de tel qu’un certain confort pour ne plus solliciter l’effort d’apprendre, de lire, d’approfondir, de se faire sa propre opinion, de la partager, d’entamer des débats, de s’enrichir de la pensée de l’autre etc…
Où retrouver le vrai ?
Nos modes de civilisation ont toujours activé le balancier d’un extrême à une autre. Selon Asma Malla* ou Gérard Bronner * qui décortiquent la portée de cette pensée générative autre qu’humaine, il existe des relations à retrouver : les rencontres entre humains, le contact avec la nature.
En tant que spécialiste de la relation et en particulier de celle entre humains et la nature (écotherapeuteI je suis aux premières loges pour détecter et analyser ce qui peut détériorer la santé psychique de l’individu : manque de sens, impuissance, ecoanxiété, dépression. Le curseur est large entre méfiance et addictions, entre crainte du réel et paranoïa. De plus en plus de citadins vivent en vase clos sans mettre un pied – et un pied nu – sur la terre. La perception du réel grâce à nos sens demande d’activer une présence intérieure qui re-connait le réel, l’absorbe, le fait sien, « fait expérience » entre soi et le monde. C’est cette qualité de présence qui est activée lors de l’accompagnement d’un Ecorituel®.
La nature, territoire de vérité
Si l’être humain finit par se déconsidérer au profit d’idées dogmatiques, insufflées par une norme mondiale, il a la capacité spontanée de se relier au réel grâce à ses sens.
- Penser le réel est un choix de possibles infinis.
- Toucher le réel crée une expérience personnelle unique.
Le praticien ou la praticienne en Ecorituel® propose tout d’abord de déterminer une intention pour contacter la nature. Il ou elle, pourra ainsi définir le lieu, le paysage, le temps de la journée, proposer un déroulé qui corresponde à cette intention. L’ Ecorituel® est une rencontre qui se prépare, un rendez-vous intime avec les forces de la Grande Vie. L’être alors se questionne, priorise ses besoins. Lors d’une grave déconnexion, c’est peine perdue : tout semble possible et tout semble vain à la fois. La personne ne croit pas à la démarche, ne croit plus en ses capacités imaginatives, car celles-ci ont pu être brisées par des revirements et des jugements hâtifs voire même contradictoires.
Il revient alors au thérapeute de la relation de créer la situation la plus adéquate pour permettre ce premier contact, encore « impensable » pour la personne suivie.
La présence des éléments

Le feu brûle*, l’eau mouille, l’air fouette ou caresse la peau, la terre salit ou réconforte. Les éléments se font amis ou ennemis, mais ne laissent pas l’individu indifférent. Quelque chose à l’intérieur de soi semble se réanimer en présence des éléments. Mis en scène, les uns avec les autres, les uns après les autres, ils apportent un réel à nouveau perceptible grâce aux sens. Ce contact longtemps oublié ou même jamais exercé dans l’enfance, est une porte d’entrée sensitive et cognitive à la fois : choisir l’élément le plus apprécié, trouver comment il peut se rapprocher de notre personnalité, l’honorer, s’honorer, décider de garder le lien au-delà du moment de l’Ecorituel®… ou s’en éloigner consciemment, est un chemin progressif qui remet d’aplomb, qui replace le réel au cœur de ses propres sensations, de sa propre intuition.
Le praticien ou la praticienne en Ecorituel® saura créer ce que nous nommons une Roue d’Harmonisation, permettant ce processus progressif et englobant, replaçant l’individu au centre de ses propres capacités vivantes, vivifiées, humaines.
*Suite aux tragiques évènements du Nouvel An à Crans-Montana, je tiens à vous informer que cet article a été écrit des semaines avant le drame. Je ne peux toutefois pas ignoré que le manque de liens avec les éléments, comme prendre conscience de leurs dangerosités, en particulier, c’est-à-dire, être connecté au REEL, est à privilégier pour permettre à nos cerveaux de détecter le danger et permettre des réponses adéquates et rapides.
Les règnes
Les règnes permettent d’autres contacts de vérité. Nul ne peut mettre en doute la loyauté d’un animal de compagnie, la compagnie affective qu’un animal nous apporte au quotidien. Être en présence d’un animal sauvage – entendons-nous 😉 – comme un écureuil, un chevreuil, lors d’un temps en forêt, reste inoubliable, impactant. Au cœur d’un Ecorituel®, il sera question du sens de cette apparition surprenante. Les sens de la vue et de l’ouïe sont particulièrement activés.
Le règne végétal nous renseigne sur le cycle du vivant : la croissance, l’épanouissement, la décroissance puis l’enfouissement des plantes qui permet la régénération à venir. Repérer ce temps de cycle, s’y retrouver soi-même, permet une reprise de la temporalité ; une temporalité saine, adaptée à notre corps. Les saveurs, les parfums activent les sens.

Les rochers, de la montagne aux cailloux, apportent d’autres visions du réel : un toucher différencié, le chaud, le froid. Le minéral est la mémoire enfouie de la terre, notre propre ossature. Un repère de choix, un essentiel sans qui plus rien ne croit. Une pierre peut devenir un talisman, un rappel à Être soi et par nul autre, défini.e par les médias, les réseaux sociaux, le diktat commercial du moment. Là encore, le ou la praticien.ne saura accompagner ces prises de conscience et soutenir leurs intégrations.
Rencontrer la nature pour se rencontrer

Ouvrez l’œil ! Restez vigilant.es auprès de vos proches et des plus jeunes. Accordez-leur votre temps, proposez des activités vivifiantes en nature. N’hésitez à demander une assistance, à demander un Ecorituel® pour votre famille ou à insérer dans un anniversaire, lors d’un après-midi de rencontres entre jeunes. Innovez pour donner place à la vraie vie ! Site complet: www.ecorituels.com

Vous vous sentez appelée par cet accompagnement ? Devenez praticien-ne en Ecorituels® : formations en Suisse, en France, en Belgique, en Espagne et au Québec. Début du pré apprentissage en ligne, dès janvier. Dates de formations de mars à septembre 2026. Renseignez-vous.
En tant que femme auteure et ancienne, j’ai écrit Le temps des ça-voirs, un livre thématique pour rester vigilante, au cœur de ses propres ressentis et privilégier notre propre vérité. Une auto-édition à retrouver sur la page.

Bibliographie citée:
Asma Mhalla, Cyber punk le nouveau système totalitaire Ed Le Seuil (2025)
Gérald Bronner, A l’assaut du réel Ed Puf (2025)
